Lorsqu’un incendie prend de l’ampleur comme ce qu’il s’est passé à Saumos (33) ou encore Biscarosse (40) cet été, la lutte ne se déroule pas uniquement au contact direct des flammes. Autour des sapeurs-pompiers, de nombreux acteurs interviennent pour préparer le terrain, réduire la végétation disponible pour le feu et créer les conditions permettant aux secours d’agir.
Lors de l’incendie de Saumos (33), les équipes de Bois de Gascogne ont ainsi été mobilisées sur le terrain aux côtés des services engagés dans la lutte contre le feu et de la DFCI Aquitaine.
Tracteurs équipés de broyeurs, préparation de zones destinées aux manœuvres tactiques, abattages stratégiques sur les pare-feux : derrière ces opérations se trouve un même principe. Face à un incendie, agir sur la végétation et sur la continuité du combustible peut contribuer à ralentir la propagation du feu, à réduire localement son intensité et à faciliter le travail des pompiers.
Ce retour d’expérience permet aussi de rappeler une réalité essentielle pour les propriétaires forestiers : la défense du massif se prépare surtout avant qu’un incendie ne se déclare.
À Saumos, notre intervention forestière au service de la lutte contre l’incendie
Sur un incendie important, les décisions tactiques et la conduite des opérations de lutte relèvent des services de secours. L’intervention de Bois de Gascogne s’est inscrite dans ce dispositif en apportant des moyens forestiers, des engins et une connaissance opérationnelle du terrain.
À Saumos (33), nos équipes ont notamment mobilisé des tracteurs équipés de broyeurs afin de travailler sur la végétation présente dans des secteurs déterminés en coordination avec les acteurs de la lutte.
Le principe est concret : moins une zone contient de végétation susceptible d’alimenter les flammes, moins le feu dispose localement de combustible pour maintenir son intensité.
Le broyage permet ainsi d’agir rapidement sur la végétation basse et arbustive, de réduire sa hauteur et sa densité et de casser certaines continuités de combustible.
C’est précisément ce rôle du broyage que nous détaillons dans notre article consacré à la prévention incendie et au broyage forestier.
Mais lors d’un incendie en cours, le broyage peut également répondre à un objectif immédiatement opérationnel.
Préparer le terrain pour les feux tactiques
L’une des interventions menées à Saumos (33) a donc consisté à accompagner le travail des pompiers dans des secteurs destinés à la mise en œuvre de feux tactiques, au niveau de zones préalablement sécurisées et protégées par de larges pare-feux.
Comment fonctionne un feu tactique ?

Le principe consiste, sous la responsabilité des professionnels habilités à conduire cette manœuvre, à brûler de manière maîtrisée une végétation située sur la trajectoire potentielle de l’incendie.
Lorsque le feu principal atteint ensuite cet espace déjà brûlé, il rencontre une zone dans laquelle une partie du combustible a disparu.
L’objectif est donc de créer une discontinuité dans l’alimentation du feu.
Sur le terrain, une telle opération exige toutefois une préparation importante. Elle ne consiste évidemment pas à allumer simplement un contre-feu devant un incendie.
Le secteur doit être choisi, préparé et sécurisé. Les conditions météorologiques, la direction du vent, la végétation, les accès et le comportement attendu du feu doivent être pris en compte par les équipes qui pilotent la manœuvre.
Quel était le rôle de Bois de Gascogne ?
Dans ce dispositif, nos équipes forestières intervenaient en appui.
Les tracteurs et broyeurs ont permis de préparer les zones concernées et de travailler la végétation afin de faciliter et sécuriser autant que possible l’action conduite par les pompiers.
Les services de secours disposent de l’expertise et du commandement nécessaires pour lutter contre l’incendie. Les professionnels forestiers peuvent, quant à eux, mettre à disposition leur connaissance du massif, leurs engins et leur capacité à intervenir rapidement sur la végétation.
Avec la progression très rapide du feu, cette coordination est devenue essentielle.
Des abattages stratégiques pour renforcer les pare-feux
Au cours des interventions menées en Gironde et dans les Landes, nos équipes ont également réalisé des abattages stratégiques au niveau de pare-feux.
L’objectif reste le même : agir sur le combustible.
Dans certaines configurations, la seule réduction de la végétation basse ne suffit pas. La présence d’arbres peut maintenir une continuité de combustible ou contribuer à l’intensité du feu lorsqu’il atteint la zone.
L’abattage de certains arbres permet alors d’élargir ou de renforcer une coupure existante.
En réduisant la végétation disponible et sa continuité, ces travaux peuvent contribuer à diminuer localement l’intensité des flammes et à créer des conditions d’intervention plus favorables aux équipes de secours.
Là encore, il ne s’agit pas d’arrêter mécaniquement un incendie grâce à une bande déboisée. Face à des feux très intenses et poussés par le vent, aucune intervention forestière ne constitue à elle seule une garantie.
Le travail consiste plutôt à donner aux secours un terrain plus favorable pour mener leurs opérations.
Pourquoi la végétation joue-t-elle un rôle aussi important ?
L’intervention de Saumos illustre à grande échelle un principe fondamental de la prévention des incendies : la quantité, la sécheresse et surtout la continuité de la végétation influencent la manière dont un feu peut se propager.
Les travaux publiés par l’INRAE à la suite des incendies de 2026 rappellent justement que l’ampleur d’un incendie dépend de la combinaison de nombreux facteurs : chaleur, sécheresse, vent, état de la végétation, organisation du paysage, pratiques de gestion forestière et capacité d’intervention des territoires.
Dans le cas de la Gironde, l’INRAE souligne notamment la présence d’une forte continuité de combustibles devenus secs et inflammables ainsi que des conditions météorologiques favorisant des propagations rapides.
Le constat est important : le pin maritime ne peut pas, à lui seul, expliquer l’intensité d’un incendie. La structure du peuplement, sa densité et les pratiques sylvicoles, parmi lesquelles les éclaircies, l’élagage et le débroussaillage, jouent également un rôle.
Pour approfondir ces mécanismes, l’analyse complète de l’INRAE est disponible ici : Comprendre les incendies de forêts de 2026 : causes, impacts et résilience.
Des incendies qui rappellent l’importance du débroussaillement

Pendant un incendie, les équipes interviennent dans l’urgence pour créer ou renforcer des coupures de combustible.
Mais la même logique doit être appliquée bien avant la saison des feux.
Débroussailler et entretenir une parcelle permet de réduire la végétation basse susceptible d’alimenter un incendie. Cela permet également de limiter certaines continuités entre le sous-bois et les arbres et de conserver des secteurs plus accessibles.
Une forêt entretenue ne devient pas pour autant une forêt qui ne peut pas brûler.
La distinction est importante.
L’objectif du débroussaillement et de l’entretien forestier est de rendre le terrain moins favorable à une propagation intense et, dans les secteurs stratégiques, plus accessible et plus défendable en cas d’intervention.
C’est pourquoi le broyage forestier doit être envisagé non comme une simple opération esthétique d’entretien du sous-bois, mais comme l’un des outils d’une stratégie plus large de prévention.
Selon la parcelle et sa situation, cette stratégie peut également concerner l’entretien des accès, des pistes et des fossés, la gestion des lisières, les éclaircies ou encore le respect des Obligations Légales de Débroussaillement lorsqu’elles s’appliquent.
De l’urgence à la prévention : deux temporalités d’une même gestion du risque
À Saumos, les travaux ont été réalisés parce qu’un incendie était déjà présent et qu’il fallait agir rapidement.
Pour un propriétaire forestier, l’enjeu est justement d’intervenir avant d’arriver à cette situation.
Une parcelle de pin maritime doit être regardée dans son ensemble : densité du sous-bois, état des accès, continuité de la végétation, proximité d’une piste ou d’habitations, état sanitaire du peuplement et travaux sylvicoles à venir.
Cette réflexion doit s’inscrire dans la gestion forestière de long terme.
Pour les propriétés concernées par un Plan Simple de Gestion, la prévention du risque incendie peut notamment être prise en compte dans la programmation des interventions et l’organisation des accès. Le PSG devient ainsi un véritable outil de pilotage du patrimoine forestier et pas seulement un document réglementaire.
Notre guide consacré au Plan Simple de Gestion dans la forêt landaise permet d’en comprendre les principaux enjeux.
Après Saumos, continuer à préparer le massif
Les incendies de 2026 rappellent une nouvelle fois que la protection du massif des Landes de Gascogne repose sur une mobilisation collective.
Nous tenons à remercier notre équipe : Adrien, Sébastien, Gabin, Nicolas, Grégory, Damien et Fabien pour leur engagement et leur professionnalisme dans des conditions particulièrement exigeantes, ainsi que Nicolas Tallon, détaché de l’entreprise afin de pouvoir répondre présent à son poste de sapeur-pompier volontaire.
Cette mobilisation a également été menée en collaboration avec la FIBNA – Fédération des industries du bois de Nouvelle-Aquitaine et l’Association des ETF Nouvelle-Aquitaine, aux côtés de l’ensemble des acteurs engagés sur le terrain.
Nos pensées restent naturellement tournées vers les habitants qui ont dû évacuer, les propriétaires forestiers touchés et toutes les personnes affectées par ces incendies.
Pour Bois de Gascogne, ce retour d’expérience renforce surtout une conviction : la lutte contre les incendies commence aussi par la gestion quotidienne de nos forêts.
Bois de Gascogne accompagne les propriétaires forestiers du massif landais pour diagnostiquer leurs parcelles, programmer les travaux d’entretien et de broyage et inscrire ces interventions dans une gestion cohérente de leur patrimoine.
Parce que chaque propriété est différente, la prévention commence par une lecture du terrain.
Contactez Bois de Gascogne pour échanger sur votre forêt et étudier les travaux adaptés à votre parcelle.















